Mercredi 24 mai 2006

L'intrusion des techniques marketing et plus généralement du "web 2.0" dans l'internet politique, aux Etats-Unis il y a quelques anées, et en France maintenant, redéfinit la relation des électeurs avec leurs élus dans une double tendance forte d'accroissement de la proximité et de la transparence. Elle pose aussi de nouvelles contraintes en matière de prosélitisme politique. Essayons d'entrevoir quels sont les tendances profondes apportées par les usages du web et du web2.0 sur le comportement futur des administés-électeurs-citoyens:

Fin progressive de la source d'information unique: Aujourd'hui, et demain plus encore, les médias dits traditionnels seront placés sur un pied d'égalité avec les blogueurs en tant que source d'information des électeurs.

Fin de l'"obligation" de maîtriser toutes les problématiques des politiques publiques pour exercer son droit de vote. Ce qui existait déjà avec la presse, la radio et la télévision, perdure et s'amplifie, avec internet.

Fin du caractère "vertical" de l'information: le récepteur de l'information, l'électeur-administré-citoyen, peut lui aussi exercer son point de vue critique et l'exprimer avec des articles et des commentaires sur son blog et ou d'autres blogs. Reste à savoir si l'élu prendra en compte cette réaction dans la mise en place, et la conduite des actions qu'il réalise? (Orientation forte vers un double axe de communication et vertical (élus (es)/électeurs) et horizontal (entre électeurs)).

Redéfinition de la place de l'électeur dans le processus décisionnel et les conduite des politiques publiques existantes et futures, qu'elles soient locales, nationales, ou mondiales, en ce qu'il devient de plus en plus et co-créateur, en tant que partenaire, et "co-noteur", en tant qu'analyste in fine et destinataire de celles-ci (redéfiniton due à la généralisation des outils collaboratifs que sont les wikis).

Fin de la communication de masse vers la micropersuasion(?). Les élections nationales sont le terrain propoices à la mise en place de stratégies mass market de ciommunication. La tendance forte vers une "unification" (dans le sens rendre unique) de la relation entre les marques et les consommateurs ne pourrait t'elle pas inciter les élus à segmenter leurs discours en fonction des cibles. Mettre en avant tel point envers telle cible et tel autre vers telle autre cible. Le risque ici est la manque de cohérence globale entre les diverses promesses. La mise en évidence par un blogueur pourrait avoir un effet dévastateur en raison de la rapidité de la contagion de l'information.

On entrevoit déjà ce que pourrait être ces services de "micro-persuasion", de "nano-persuasion". Reprenons l'exemple de Google et de son service Adsense. Pourquoi, et ce dans une pure optique d'efficacité ne pas modifier en fonction des cibles d'électeurs, les points clés des discours? Ne serait ce pas simplment l'application à la politique des dernières techniques de la publucité contextuelle?

Un des caractères fondamentaux du "web 2.0." est la place accordée aux recommendations des internautes. Certains e-marchands (Amazon.fr) ont déjà basé une partie de leur chiffres d'affaires sur ce tyoe de services (Zlio et Cashstore). Pourquoi ne pas appliquer cette technique de la recommandation à la politique? Ne serait ce pas  simplement une  "version 2.0" des interminables discussions de comptoir sur les mérites et les casseroles respectifs des élus? Chacun tentant de convaicre l'autre de la supériorité de son "poulain".

Les outils de "social networking", tels que Meetup aux Etats-Unis et Citycita en France, par la création et la mise en relation réelle de membres de communautés virtuelles, peuvent, à terme, reconstruire les groupes d'influence que nous connaissons
aujourd'hui, dans la "vraie vie". Cette réalité, bien que potentielle, est bien lointaine en ce que les communautés les plus importantes, et lorsqu'elles existent dans le domaine de la politique, ne rassemblent pas, chacune, pour le moment, un nombre suffisant de membres pour être considérée comme un contre-poids digne d'intérêt. A une échéance plus ou moins brève, sur un sujet rassembleur, pourquoi ne pas imaginer que ces communautés fédèrent plusieurs dizaines voire centaines de milliers de membres?

En conclusion de ces hypothèses et de la tentative de systématiser quelques tendences actuelles, il ne faudrait pas oublier mais poser comme prolégomène la spécificté du support internet dans une stratégie de communication politique. Les électeurs peuvent, comme c'est le cas en France aujourd'hui, ressentir une certaine répulsion à voir appliquer à la politique, "noble discipline", "art", "profession", "sacerdoce", ..., c'est selon, les techniques du marketing désincarnées, orientées vers la maximisation de l'efficience...
par gandon françois albert publié dans : Marketing et communication politique
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Vendredi 19 mai 2006
Une élection repose toujours sur le choix entre plusieurs candidats. Si cet déclaration de principe ne soulève pas de difficultés particulières, le choix du ou de la candidate reste, parfois, un exercice complexe car  les propositions faites sont semblables et ou complexes à decrypter. Le sénateur Ted Kennedy palie cette difficulté par la mise en ligne de ce "calculateur de pertes de protection sociale".


Silmple, facile, pas cher, et cela peut rapporter gros? Résultat lors des prochaines sénatoriales. Ce concept pourrait être repris par le parti socialiste qui a basé ses attaques contre le gouvernement, notamment, sur le thème de la casse sociale et de la perte de pouvoir d'achat...
 
par gandon françois albert publié dans : Marketing et communication politique
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Jeudi 18 mai 2006

En plus de leurs blogs respectifs, les partis démocrates et républicains, en cette année d'élections de mi-mandat (mid-term elections), ont mis en place une stratégie qui permet aux blogueurs de relayer le message de chaque parti.

L'intérêt de cette méthode est évident: covaincre les internautes et les blogueurs que ces derniers soient, ou on, aussi des lecteurs de la presse écrite et, ou non, téléspectateurs des grands networks américains.

La mise en avant de blogueurs dans la stratégie des partis américains n'est pas une réelle innovation de cette campagne sénatoriale. En effet, déjà dès 2004, les internautes américains avaient notamment pu voir se développer un blog de campagne des candidats démocrates (Kerry et Edwards). (Le parti démocrate avait beaucoup plus utilisé internet dans sa campagne que le parti républicain).



Les outils mis à disposition des blogueurs sont variés. On retrouve notamment les traditionnels encarts de recommendations à insérer sur son blog, les photos des conventions et des réunions partagées via Flickr! (The democratic Flickr! par exemple) et les encarts contenant les dernières informations concernant les partis politiques, les blogs devenant de réels micro-networks.  de diffusion de la doctrine du parti.



Mais une nouvelle tendence forte apparait: celle du "citizen journalist" qui se traduit sur le plan de la communication politique par la mise en place de correspondants locaux, blogueurs. Cette capilarité avec les événements permet de faire remontée toute information, d'une part, à la direction du parti afin de la relayer sur le plan national par le biais des grands média (télévision et presse écrite et radiophonique) et de ne laisser aucune petite phrase ou faute de l'adversaire sombrer dans l'oubli. D'autre part, les informations peuvent être relayées par le biais des autres blogueurs via le net. les deux supports ont leur spécificité propre. Les média  traditionnels sont dans une logique du "widespreading" alors que les blogs sont dans une logique de "word of mouth".

La tendance des "citoyens journalistes" semble être forte en ce que les nouveaux média tels que le Huffington Post ou bien le Daily Kos, deux blogs devenus deux réels quotidiens "traditionnels", usent de ce système. Ils ne sont que des agrégateurs sélectionneurs des information qu'ils décident de publier.

Pour les partis politiques ces nouveaux militants sont totalement intégrés dans leur stratégie de campagne. En témoigne, cet exemple du sénateur Ted Kennedy, qui, avec les "phone calls" et les "knocking on doors" fait appel aux blogueurs:


Reste à savoir si les élections présidentielles de 2007, verront en France la naissance des militants blogueurs?
par gandon françois albert publié dans : Marketing et communication politique
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Mercredi 17 mai 2006

Le candidat démocrate Jonathan Edwards avait utilisé pleinement le net et les blogs lors de sa campagne de 2004. Avec les outils de social-networking, tels que Frappr!, les partis politiques peuvent visualiser en temps réel la force de leurs soutiens en ligne ainsi que leur répartition géographique. Bien que dans plus de deux ans, le sénateur Edwards a déjà 105 membres inscrits sur le Frappr! de son site oneamericacommittee.



De tels exemples d'utilisation de Frappr! par les partis politiques américains restent encore rares. En effet, seuls deux autres Frappr! politiques significatifs en termes de membres peuvent être dénombrés:

Myspace Democrats Public-54 membres.

GOPUSA-57 membres.



En France, seul le meetup dédié à Bernard Kouchner matérialise  l'utilisation des outils de social networking.
par gandon françois albert publié dans : Marketing et communication politique
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Mercredi 17 mai 2006
Corinne Lepage, avocate de profession, ancienne ministre de l'environnement du gouvernement Juppé, est une blogueuse prolixe. De nombreux articles qui ne se contente pas du message institutionnel traditionnel (voir le faire part de la Vème république).

Cet intérêt prononcé pour la blogosphère est partagé par le parti politique dont elle est la présidente, CAP 21.

Ainsi, le parti écologiste a mis en place une réelle stratégie blog... très certainement pour compenser son absence de visibilité médiatique sur les grands médias. En effet, en dehors des prestations télévisuelles de Madame Corinne Lepage, CAP 21 ne jouit pas d'une forte exposition.



Cette stratégie blog s'articule autour de  18 blogs régionaux:
Alsace, Aquitaine, Auvergne, Bourgogne, Franche-Comté, Grand Ouest, Ile de France, Languedoc-Roussillon, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord - Pas-de-Calais, Normandie, Outre-Mer, Pays de la Loire, Picardie, PACA, Rhône-Alpes, Saint-Etienne et 10 blogs thématiques: Agriculture & Forêt, Culture, DéchetsDémocratie participative, Education, Habitat, Nature, Social-Société, pour un monde solidaire et durable, Transports durables et urbanisme. Ces blogs thématiques restent des subdivisions du blog-ombrrelle de débat pour les présidentielles de 2007. Un autre blog est dédié aux prochaines éléctions législatives.

En plus de ces blogs, vous pouvez retrouvez le site des amis de Corinne Lepage. Ce dernier ne constitue pas un parti politique en soi mais "un site sur lequel [les sympathisants de Corinne Lepage]  pourraient se retrouver et participer à [sa] campagne sans pour autant adhérer au parti politique CAP21 [qu'elle a] la charge et l'honneur de présider".

Le parti parie sur "l'effet Ségolène Royal" de la féministation de la classe politique en mettant en avant le dernier roman de la présidente de CAP 21. Traitant de politique de femmes et de consensus gauche-droite prélable aux réformes que la France se doit de faire, l'ancienne ministre de l'environnement invite avant tout au débat avec les internautes, blogueurs ou  non.

La stratégie est professionnelle en ce qu'elle couvre tous les prochains thèmes majeurs de la présidentielle (couverture idéologique), et presque toutes les régions de France, (couverture géographique). La  notoriété blogosphérique reste faible car elle n'atteint que 419 posts contre 20477 posts pour l'UMP et 7616 pour le Parti  Socialiste. (source: Technorati).

Sources: Blogs de Corinne Lepage, des amis de Corinne Lepage, et site de CAP 21.
par gandon françois albert publié dans : Marketing et communication politique
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